Caricatures

Le mot caricatura (du latin populaire caricare, charger, exagérer) a été employé pour la première fois dans la préface d’un album d’Annibal Carrache en 1646. Il donnera les mots français charge et caricature, ce dernier mot apparaissant pour la première fois dans les Mémoires de d'Argenson en 1740. L’Encyclopédie définit la « charge » comme « la représentation [...] d’une personne ou ...] d’un sujet, dans laquelle la vérité et la ressemblance exacte ne sont altérées que par l’excès du ridicule ». La dérision repose fréquemment sur la transformation des corps ou l’animalisation, parfois renforcée par le texte, sous forme de légendes ou de bulles.
Le procédé s'inscrit dans la tradition antique de la satire mais connaît un puissant élan durant la Révolution et l’Empire, sous l’influence des dessinateurs anglais. La conjonction d'une production massive d'estampes, avec relais dans les pamphlets et dans une presse foisonnante, font alors de la caricature non plus seulement une arme mais un langage politique. A partir de la Monarchie de Juillet, le destin de la caricature politique est uni à celui de la presse.

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